Mardi 26 février 2008

Je recommande vivement la place Saint-Marc (176 mètres sur 82) à toute personne désireuse de se débarrasser d’un enfant, garçon ou fille. 

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L’endroit est particulièrement adapté à cela. Des milliers de personnes s’y bousculent en regardant en l’air et en donnant à manger aux pigeons. 

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On y entend parler plus de langues que sur la tour de Babel. Perdre un enfant dans ces conditions est chose aisée. Les méthodes pour y parvenir sont nombreuses.

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Pour perdre Emilie, nous avons utilisé celle dite du « coup du pigeon ». Je vous la conseille pour sa simplicité : dites à l’enfant que vous allez le photographier donnant à manger aux pigeons...

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...et alors qu’il s’approche de ceux-ci, partez dans la direction opposée. C’est infaillible. L’enfant choisit son pigeon parmi des milliers (il y a plus de pigeons sur la place Saint-Marc que de vénitiens à Venise), ce qui vous laisse tout le temps de disparaître

 

Alors, vous pouvez admirer tranquillement la basilique Saint-Marc, et, sur la piazzetta voisine, le palais des Doges et le Campanile. Avec un peu de chance, vous aurez même le temps de visiter le musée Coner ou de prendre un capuccino au café Florian, sous les arcades.


(Je vous en prie. Vous me remercierez plus tard)
par Oncle Dan publié dans : Carnet de voyages communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Mardi 26 février 2008
Sale journée ! Hier, je rentre du boulot et qu'est-ce que je vois ?

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Une rayure sur ma voiture !

par Oncle Dan publié dans : Carnet de voyages
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Mercredi 10 octobre 2007

Que de souvenirs merveilleux.

Le bon Père nous dit également: "Chacun pendant ce camp s'est enrichi à la mesure du don qu'il a fait de lui-même. Chacun a compris aussi que pour connaître un pays et ses habitants, il ne suffit pas d'aller y passer une quinzaine de jours : il faut sortir de soi, exercer son regard, ouvrir son cœur et son intelligence à des hommes, à des mentalités, à des modes de vie qui spontanément nous sont fermés. Il faudrait qu'en rêvant à ce merveilleux camp des Baléares, il nous vienne le désir d'en faire bien d'autres à l'étranger et d'en revenir, non pas médiocres et satisfaits, mais passionnés du service des autres et plus fraternels".

Après cela, on ne peut que dire Amen.

Mais ces très honorables principes paraissent plus faciles à mettre en œuvre par un chauffeur de vespa que par un "homo pédibus Baléarii".

Imaginons la scène: Nounours numéro 2 (ils sont deux jumeaux) dort sur la plage, il s'y est effondré après une journée entière de marche harassante sous une chaleur impitoyable. La douceur du zéphyr caresse ses pieds déchaussés aux ampoules sanguinolentes. Il était hors de question, pour le groupe de marcheurs, d'aller plus loin. Ils étaient trop fatigués et la nuit tombait. Ils rejoindraient le reste de la troupe demain.

C'est alors que l'orage éclate. Terrible.

Les éclairs succèdent aux éclairs dans un bruit monstrueux. On se croirait en plein jour. En quelques minutes, le ciel se déverse sur leurs têtes hébétées. Nounours, instantanément trempé, a les cheveux collés sur le visage. Il a tant d'eau dans les yeux que c'est à peine s'il distingue un peu plus loin une baraque en pierres qui paraît abandonnée. Tout le monde s'y précipite, alors il court également en direction de cette maison à moitié en ruine. Malgré la pluie, ses pieds meurtris et tâchés du goudron de la plage le brûlent. A présent, il est avec les autres dans le taudis inhabité. Ils sont là, comme des zombies, accroupis sur la terre battue du plancher, mal protégés par une toiture très endommagée. D'ailleurs, les tuiles qui manquent sur le toit jonchent le sol tout autour de la bâtisse, éclatées en mille morceaux. Certains d'entre eux en ont encore quelques éclats plantés dans leurs pieds dont, décidément, ce n'est pas le jour !

Dans un angle, Criquet, recroquevillé sur lui même, ne chante pas. Il pleure.

Un petit coup de déprime passagère. Il faut avouer que l'ambiance s'y prête. A cet instant précis, nounours s'exclame "Quel orage magnifique !". Et de renchérir: "Quel merveilleux camp. Dieu, que j'ai envie d'en faire beaucoup d'autres ainsi pour ouvrir mon cœur et mon intelligence aux autres."

Plus jésuites que nous, c’était pas possible…

par Oncle Dan publié dans : Carnet de voyages
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Mardi 9 octobre 2007

La boucle est bouclée et ca sera bientôt le voyage de retour, dans les mêmes conditions de confort, évidemment. La dernière étape sur l'île est identique à la première et les fatigues viennent s'écraser sur les dalles fraiches du Seminario de Palma.

L'un ou l'autre parle en dormant: "Plus tard, je serai... chauffeur de taxi, et ceux que je verrai marcher à pied, je les traiterai ... de petits imbéciles...".

Mais ne faisons pas de mauvais esprit. L'histoire, on le savait dès le début, se terminerait comme toutes les rédactions des potaches faisant leurs débuts dans l'art de la narration: "...Ils rentrèrent fatigués, mais contents." Après tout, ils ont vu Barcelone, le petit port de Deya, Soller, Lluch, Campos, Porto-Cristo, Pollensa, Alcudia, Arta et cetera...

Mais un jésuite n'est pas content si l'on se contente d'être content.

Voilà qui serait faire peu de cas de la morale de cette histoire. Se limiter à applaudir ses ampoules et ses fatigues n'est pas suffisant.

Rire des nuits d'orages et des plages goudronnées, c'est sport, mais pas chrétien.

Non, en fait, c'est l'occasion de dire au Seigneur notre émerveillement devant la splendeur de sa création. Au milieu de tant de gens qui ne pensaient qu'à s'amuser, il était bon d'apprendre à trouver aussi Dieu dans sa création. Ce camp devait être l'occasion d'apprendre que l'argent que l'on garde pour soi seul nous façonne des cœurs toujours plus avides, durs et insensibles.

Ceux qui ont partagé leur argent, leur sourire, leurs affaires, l'eau de leur précieuse gourde, ceux-là sont rentrés le portefeuille vide, mais se trouvent être en marche pour devenir ces frères universels dont le monde a tant et tant besoin.

Voilà comment parle un jésuite à son retour de Majorque. En évoquant l'arrivée à Campos, il dit: "Rappelez-vous cette caserne désaffectée, cet orage magnifique en pleine nuit, et ces familles ouvrières entassées dans quelques pièces qui, pendant que nous nous dorions au soleil, vivaient assez maigrement de la cueillette des amandes. Peut-être, notre passage au milieu d'elles nous a-t-il aidé à deviner, dans l'insouciance de nos vacances, des problèmes et des souffrances lourdes à porter, plus difficiles encore à résoudre."

L'auteur de ces propos s'agitait, il n'y a pas si longtemps, sur un quai en regardant partir sans lui un beau bateau blanc !

 

par Oncle Dan publié dans : Carnet de voyages
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Lundi 8 octobre 2007

Depuis quelques kilomètres, l'ampoule se fait. Je marche sur le côté du pied gauche, ce qui me fait mal aux muscles du mollet.

- Tant pis. Je l'écrase.

- Quoi ?

- L'ampoule. Je marche dessus. Ca la dressera.

Plus tard, sur le bord de la route, dans un talus on s'étendra. Comme on dort bien quand on est fatigué. On dort bien, mais pas longtemps. Cinq heures du matin, on repart, les jambes raides, les pieds lourds. Il faut au moins quatre kilomètres pour se mettre en train, pour que les muscles s'assouplissent, pour que les pieds s'échauffent.

On marche, on marche........."

Vendredi 18 - Panaris de Loulou. Nuit agitée: moustiques et cochons noirs passent à l'attaque.

Samedi 19 - Sieste interrompue par ces cochons de cochons noirs... L'orage éclate en pleine nuit. Quelle douche ! Fuite éperdue vers une baraque en pierres. On se sèche comme on peut et on attend le jour.

Dimanche 20 - Vol plané malencontreux d'un certain scootériste sur la route de l'aéroport. Une épaule froissée, les esprits dérangés et ... une soutane fichue.

Vraiment, quel beau et paisible voyage. Ce qui est plutôt curieux c'est l'étrange aberration qui a poussé douze ou quatorze types assez sains d'esprit, du moins au départ, à faire à pied ce qu'ils auraient pu faire à bicyclette.

L'un de ces illuminés écrit dans son carnet de bord: "Nos pieds, c'était le festival "son et lumière", lumière des ampoules et son des hurlements quand on marchait dessus. De la marmelade dans les godasses, voilà ce que c'était nos pieds ! A tel point que par peur de l'horrible, j'en connais qu'osaient pas enlever leurs chaussures pour dormir ! Parce que j'ai une certaine réputation de boucher, c'était à moi qu'on venait les montrer pour que je les perce, ces ampoules. Eh bien ! Je peux vous dire qu'il y en avait d'au moins cent bougies. Avec toutes les ampoules de nos pieds et la lumière de son génie électrique, Chichouf aurait pu illuminer toute la façade de la Sagrada Familia."

 

par Dan publié dans : Carnet de voyages
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