Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:07

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      ©crédit photo : Cacoune

      Exercice d'écriture proposé par les Impromptus littéraires, en s'inspirant de cette photo...

 

 

Lorsque je me suis présenté pour la petite annonce,  j'ai été très surpris de constater qu'il y avait déjà de nombreux prétendants qui attendaient pour un poste que je considérais  comme particulièrement difficile à occuper.  Les gens ne doutent de rien. C'est inimaginable. Naturellement, personne ne s'est associé à mon sourire de Joconde et ils me regardaient tous fixement comme si j'essayais de m'introduire de force dans le vestiaire des dames au bain turc. Je ne pouvais donc que prendre mon mal en patience et la dernière chaise disponible. Je baissai les yeux pour commencer un examen attentif de tous ces pieds qui étaient arrivés avant moi.

 

C'est que je ne me fie pas à la tête des gens. Leur bonne ou mauvaise mine, c'est du cinéma. Quant aux habits, ils ne font pas le moine. Restent les pieds. Il n'y a que ça de vrai. Prenez le troisième, là-bas, avec ses mocassins marron, il n'a aucune chance pour la place. Ca ne fait pas sérieux du tout pour ce genre de job. Il n'est pas crédible. Quoi d'autre ? Je vois une pauvre épave humaine avec un pied dans la tombe et l'autre pas bien loin, je vois des pieds cendrillonesques, d'autres qui n'ont jamais dû voir le soleil, à considérer l'importante poitrine de leur propriétaire, des pieds chaussés de bottines qui préfèreraient certainement la pointure au dessus, les pieds transis de désespoir d'un petit résidu à face de crevette dont la moustache ressemble à la trace d'un cafard écrasé sur le bord d'un évier…

 

Et tout ce petit monde se sent capable de sauver l'humanité ! Laissez-moi rire. Tout cela n'est pas sérieux !

 

Pas davantage, le frisé en tongs, avec son visage qui luit comme un fond de culotte de chauffeur de bus. Quant à l'hétaïre de bas de gamme qui fait semblant de lire à côté de lui, je trouve que la vie est assez triste en soi sans que l'on nous inflige le spectacle de cette fumelle en cuissardes.

 

Il y a bien, au fond, ce géant pourvu de joues mauves, d'un triple menton et d'une lèvre hautaine qui lui donne un air suffisant et narquois. Mais non, il ne fera pas l'affaire non plus. Trop sûr de lui avec son expression de dédain ironique. Il doit passer son temps à dorer la pilule de son orgueil et je ne suis pas surpris de le voir en bottes d'équitation parfaitement déplacées ici…  Non, toutes ces petites personnes ne peuvent avoir que des vues fumeuses sur la meilleure façon de sauver le monde.

 

Extirpant de ma poche le morceau de journal sur lequel se trouve le texte de l'annonce, je le relis pour me convaincre de la justesse de mon raisonnement : "Cherche H ou F pour sauver monde de l'ennui. Dde tempérament et opiniâtreté. Ref exigées." Peut-être l'avez-vous remarqué, mais c'est bizarre comme rien en ce monde ne semble être absolument parfait. Les derniers sondages ont en effet révélé que les femmes étaient de plus en plus vertueuses et que les hommes pêchaient par excès d'honnêteté. Si les choses continuent de s'aggraver de la sorte, il ne fait plus de doute que le monde deviendra aussi ennuyeux qu'un banc d'huîtres. Il est urgent d'éclairer à nouveau le monde avec le flambeau du péché.

 

Ce job est fait pour moi. Avec mes airs à écarter les soupçons, je reste persuadé que s'il y avait davantage de types comme moi dans ce monde, ce serait un bien meilleur endroit. Certes, tous s'accordent à dire que je suis assez nul dans la journée, mais plongez-moi dans les ténèbres avec juste quelques lumières tamisées, débouchez le champagne, et vous pourriez être surpris…

 

Par Dan - Publié dans : Exercices d'écriture - Communauté : Ecriture Ludique
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 06:04

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(cliquez sur le logo pour découvrir la proposition de Sophie)

 

Le pays d'Outre-Passe

Roman de Boris Pilniak

 

1924 : l’écrivain russe Boris Pilniak, alors au sommet de sa gloire, participe à une expédition polaire. C’est l’occasion pour lui de réfléchir sur sa vie et son travail d’écrivain, la situation politique de la Russie soviétique, ses propres engagements. Cette expérience va l’inspirer pour écrire, l’année suivante, Le Pays d’Outre-Passe

 

L’expédition polaire à visées scientifiques imaginée par Pilniak dans ce récit s’échoue à proximité d’une île inexplorée. L’équipage et les chercheurs se retrouvent coupés du monde… Peu d’entre eux sortiront vivants de l’épreuve au terme d’une lutte contre la Nature, eux-mêmes, la Raison et l’Instinct. De grands thèmes sont abordés ici : la science, l’art, le capitalisme et le communisme, la Russie et l’Occident, sans oublier… la Femme.

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  La phrase de la page 31 : " ... ".

La page 31 du livre Le Pays d'Outre-Passe, dans les éditions Paulsen pour la version française, est... vierge. Elle illustre bien l'ambiance du récit qui se déroule dans les espaces vierges de l'Artique, où la terre, le ciel et la mer se confondent dans la lumière d'une journée de six mois.


pilniakPremier prosateur de la Russie post-révolutionnaire, avec la parution, en 1921, de L’année nue, Boris Pilniak est aussitôt célèbre en Russie et dans le monde. Il aura le malheur, en 1926, dans le Conte de la lune non éteinte, de dénoncer par avance les dangers du stalinisme. L’oeuvre sera immédiatement saisie etne reparaîtra en URSS qu’à la fin des années 1980. Staline ne pardonnera pas ce texte à Pilniak. En 1937, il sera arrêté, jugé un an plus tard pour « espionnage au profit du Japon », et aussitôt exécuté. Il laisse une oeuvre d’une impressionnante modernité. 


Par Dan - Publié dans : Blog - Communauté : papierlibre
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 07:43

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Par Dan - Publié dans : Dessins - Communauté : racontages en couleur
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 07:18

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Par Dan - Publié dans : Dessins - Communauté : racontages en couleur
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 07:21

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Par Dan - Publié dans : Dessins - Communauté : racontages en couleur
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 07:55

Pour le savoir, il suffit d'utiliser l'instrument de mesure suivant (trouvé sur l'observatoire des inégalités) :

http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire

 

2cv 

et si vous n'êtes pas satisfait du résultat, j'ai une solution pour vous !

 

http://www.youtube.com/watch_popup?feature=player_embedded&v=7ZzcEVeP_pc

 

Merci qui ?

Par Dan - Publié dans : Blog
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 07:53

Autrefois, ainsi que je m'en étais toujours fait la promesse, et lorsque mon calendrier le permettait, j'allais chercher l'antidote de mon stress dans les Appalaches.

 

Certains trouveront cela candide ou burlesque, et d'autres craquant, mais ma colère s'apaise lorsque je récite aux moustiques et aux elfes des quatrains en langue étrangère, sous les caresses d'un soleil sans nuage, à genoux, les fesses posées sur la mousse des bois du Mont Chauve dont, soit dit en passant, la calvitie est une légende.

 

Tout cela est à présent terminé, depuis qu'un orage  a failli me foudroyer, que dis-je, un déluge hallucinant que la montagne n'a pu canaliser, et qui a emporté mon briquet amadou et mon désir d'y retourner. 

 

     plumedesmotsunehistoire5 

Ce texte a été écrit sur l'invitation du blog "Des mots, une histoire" qui propose un défi d'écriture chaque semaine depuis 2010...

 

Mots imposés : Nuage, moustique, calendrier, burlesque, candide, orage, canaliser, déluge, caresse, antidote, craquant, quatrains, calvitie, briquet, soleil, amadou, hallucinant, genou(x), foudroyer, mousse, promesse, langue, fesse, colère.

Par Dan - Publié dans : Exercices d'écriture - Communauté : papierlibre
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:00

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... vaut mieux que deux chihuahuas !

 

C'était la citation du jeudi sur l'invitation de...

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(Cliquez sur le logo pour découvrir la proposition de Chiffonnette)

Par Dan - Publié dans : Dessins - Communauté : dessin pour ammateurs
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 07:20

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Le thème du dernier exercice d'écriture proposé par les Impromptus littéraires est "Panne d'écriture". Je vous livre ici ma copie...

 

 

L'autre jour, je filais à vive allure sur le papier glacé et montais les vitesses, enivré par une imagination en ébullition, lorsque je l'ai aperçu à la fin d'un minuscule paragraphe. Il était posté dans la marge, derrière le rail de sécurité, pour se protéger des excès des écrivains inspirés. Il paraîtrait que l'espérance de vie moyenne de l'écrivain dans la marge ne dépasserait pas vingt minutes mais cette affirmation n'a jamais été étayée par une étude vraiment sérieuse.

 

Influencé depuis ma plus tendre enfance par monsieur Martin qui avait donné la moitié de sa tunique à un mendiant sur le bord du chemin, je ne laisse jamais quelqu'un dans un endroit qui ressemble de près ou de loin à un caniveau. Donc, je rétrograde et je m'arrête dans un crissement de plume qui éclabousse la feuille de quelques points de suspension... Je m'approche de la marge et demande à l'inconnu s'il a besoin d'aide car j'ai beaucoup de nègres parmi mes connaissances.

 

Je suis en panne d'écriture, me lance-t-il sans se retourner, faisant mine d'évaluer le niveau de son réservoir. Panne sèche ? Le questionnai-je le moins sèchement possible.

Non, non, il y a du carburant, la pompe fonctionne, la plume n'est pas cassée. Non, c'est plus sérieux.

 

Je vois ce que c'est, lui dis-je en connaisseur aguerri, c'est un problème de démarrage. Quand il manque l'étincelle initiale, impossible d'aller plus loin. Je crois bien que vous avez raison, admit-il. Cela fait des semaines qu'après quelques essais ratés, je reste planté sur le bord de la page blanche et que je n'ai rien envoyé aux Impromptus littéraires. Ils vont s'inquiéter. Il y en a qui se sont déjà étonnés de mon silence et me l'ont fait savoir lors de commentaires sur mon blog.

 

Ecoutez, lui dis-je… Quand je ne sais pas quoi dire, je commence toujours mes phrases par "écoutez", ce qui à la réflexion est parfaitement ridicule mais m'offre quelques secondes supplémentaires de répit, et si elles ne me paraissent pas suffisantes, je me racle la gorge et répète encore "écoutez". C'est une opération qui ne peut pas se renouveler trop de fois car on est vite au pied du mur, et il ne fait plus de doute alors que votre interlocuteur écoute, et qu'il faut lui offrir quelque chose à écouter. Je lâche alors la première idée qui me vient : Il vous reste bien quelques points sur votre permis d'écrire ?

 

Il me fixa, cent pour cent ahuri, puis chercha en vain une trace de plaisanterie sur mon visage. Du coup, je n'étais plus certain, moi-même de la nécessité de ce permis d'écrire. J'ai vite enchainé : Bon, ça n'a pas d'importance, allez à la ligne et commencez votre phrase par "L'autre jour…".

 

Il enjamba la marge avec les gestes fatigués du martyr qui en a jusque là des lions mais qui n'a plus grand chose à perdre, et reprit son instrument d'écriture. Vous croyez que ça va marcher ? Demanda-t-il, la mine profondément marquée par les rides du scepticisme. Ca marche toujours lui affirmai-je, mais je sentis en le disant qu'un important morceau de certitude se détachait du mur de mon for intérieur.

 

Il secoua son stylo et commença : "L'autre jour… les habitants de l'île de Pâques furent très surpris en constatant que toutes leurs statues avaient disparu." Il jeta vers moi le regard implorant du doute  et après un signe d'encouragement de ma part, poursuivit. "Nous les avions déterrées durant la nuit. Une farce de carabins pendant les bizutages". De loin, je lui fis comprendre par des gestes appropriés, exercice difficile, qu'il devait ralentir son cerveau. Il arrive en effet qu'après un trop long engourdissement, l'imagination s'emballe, mais ceci n'est pas très grave, juste une question de réglage.

 

Son visage s'illumina du sourire de la reconnaissance et je le vis disparaître vers de nouvelles aventures alors qu'il entamait un nouveau paragraphe.

 

Je m'attends, d'un jour à l'autre, à recevoir un chèque de gratitude.

 

 

 

Par Dan - Publié dans : Carnet de bonne humeur - Communauté : racontages en couleur
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 07:48

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Demain, demain

Roman graphique de Laurent Maffre

Nanterre - Bidonville de la Folie - 1962-1966

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"1962, alors que la guerre d’Algérie prend fin, Soraya débarque à Orly, avec ses deux enfants. Ils sont venus rejoindre Kader, le chef de famille, arrivé en France quelques années plus tôt pour contribuer par son travail, comme beaucoup d’autres immigrés, au miracle des Trente glorieuses."

 

   La phrase de la page 31 : " Alors les marmots, ils se planquent où, ces putains de fellagas !".

 

"Si tous se souviennent encore ici de la manifestation du 17 octobre 1961, la vie continue avec pour priorité la quête d’un logement décent. Mais c’est sans compter sur les obstacles que l’administration française de l’époque lève face à eux. Un album on ne peut plus actuel alors que la xénophobie est devenue plus que jamais le fond de commerce de politiciens dévoyés. "

Suivez ce lien pour en savoir davantage...

Par Dan - Publié dans : Blog - Communauté : papierlibre
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