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Chacun sait à présent que le comte Dragmzk vit retranché dans une forteresse à l'orée de la forêt, avec sa collection d'esperluettes soigneusement alignées sur des tablettes dans la tour attenante à l'église. On ignore, en revanche, qu'il se grise dans la sulfureuse compagnie d'une hétaïre versatile qu'il a mise en cloque, avec l'illusion d'en être le confident.
Mais ce n'est pas là sa seule occupation. Ce vieillard jaunissant abandonne périodiquement ses vêtements de comte pour l'uniforme à manchettes de la politique. Goguenard et démagogue, il part tirer les sonnettes en quête d'une manne électorale.
Surtout, ne votez pas pour lui les 10 et 17 juin.
Ce texte a été écrit sur l'invitation du blog "Des mots, une histoire" qui propose un défi d'écriture chaque semaine depuis 2010. Vous trouverez sur ce blog les liens vers les autres participations...
18 mots imposés : Versatile, hétaïre, uniforme, vêtement, cloque, jaunissant, démagogue, manne, goguenard, tablette, illusion, forteresse, confident, manchette, griser, occupation, orée et sonnette.
C'était la citation du jeudi sur l'invitation de...
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©crédit photo : Cacoune
Exercice d'écriture proposé par les Impromptus littéraires, en s'inspirant de cette photo...
Lorsque je me suis présenté pour la petite annonce, j'ai été très surpris de constater qu'il y avait déjà de nombreux prétendants qui attendaient pour un poste que je considérais comme particulièrement difficile à occuper. Les gens ne doutent de rien. C'est inimaginable. Naturellement, personne ne s'est associé à mon sourire de Joconde et ils me regardaient tous fixement comme si j'essayais de m'introduire de force dans le vestiaire des dames au bain turc. Je ne pouvais donc que prendre mon mal en patience et la dernière chaise disponible. Je baissai les yeux pour commencer un examen attentif de tous ces pieds qui étaient arrivés avant moi.
C'est que je ne me fie pas à la tête des gens. Leur bonne ou mauvaise mine, c'est du cinéma. Quant aux habits, ils ne font pas le moine. Restent les pieds. Il n'y a que ça de vrai. Prenez le troisième, là-bas, avec ses mocassins marron, il n'a aucune chance pour la place. Ca ne fait pas sérieux du tout pour ce genre de job. Il n'est pas crédible. Quoi d'autre ? Je vois une pauvre épave humaine avec un pied dans la tombe et l'autre pas bien loin, je vois des pieds cendrillonesques, d'autres qui n'ont jamais dû voir le soleil, à considérer l'importante poitrine de leur propriétaire, des pieds chaussés de bottines qui préfèreraient certainement la pointure au dessus, les pieds transis de désespoir d'un petit résidu à face de crevette dont la moustache ressemble à la trace d'un cafard écrasé sur le bord d'un évier…
Et tout ce petit monde se sent capable de sauver l'humanité ! Laissez-moi rire. Tout cela n'est pas sérieux !
Pas davantage, le frisé en tongs, avec son visage qui luit comme un fond de culotte de chauffeur de bus. Quant à l'hétaïre de bas de gamme qui fait semblant de lire à côté de lui, je trouve que la vie est assez triste en soi sans que l'on nous inflige le spectacle de cette fumelle en cuissardes.
Il y a bien, au fond, ce géant pourvu de joues mauves, d'un triple menton et d'une lèvre hautaine qui lui donne un air suffisant et narquois. Mais non, il ne fera pas l'affaire non plus. Trop sûr de lui avec son expression de dédain ironique. Il doit passer son temps à dorer la pilule de son orgueil et je ne suis pas surpris de le voir en bottes d'équitation parfaitement déplacées ici… Non, toutes ces petites personnes ne peuvent avoir que des vues fumeuses sur la meilleure façon de sauver le monde.
Extirpant de ma poche le morceau de journal sur lequel se trouve le texte de l'annonce, je le relis pour me convaincre de la justesse de mon raisonnement : "Cherche H ou F pour sauver monde de l'ennui. Dde tempérament et opiniâtreté. Ref exigées." Peut-être l'avez-vous remarqué, mais c'est bizarre comme rien en ce monde ne semble être absolument parfait. Les derniers sondages ont en effet révélé que les femmes étaient de plus en plus vertueuses et que les hommes pêchaient par excès d'honnêteté. Si les choses continuent de s'aggraver de la sorte, il ne fait plus de doute que le monde deviendra aussi ennuyeux qu'un banc d'huîtres. Il est urgent d'éclairer à nouveau le monde avec le flambeau du péché.
Ce job est fait pour moi. Avec mes airs à écarter les soupçons, je reste persuadé que s'il y avait davantage de types comme moi dans ce monde, ce serait un bien meilleur endroit. Certes, tous s'accordent à dire que je suis assez nul dans la journée, mais plongez-moi dans les ténèbres avec juste quelques lumières tamisées, débouchez le champagne, et vous pourriez être surpris…
(cliquez sur le logo pour découvrir la proposition de Sophie)
Le pays d'Outre-Passe
Roman de Boris Pilniak
1924 : l’écrivain russe Boris Pilniak, alors au sommet de sa gloire, participe à une expédition polaire. C’est l’occasion pour lui de réfléchir sur sa vie et son travail d’écrivain, la situation politique de la Russie soviétique, ses propres engagements. Cette expérience va l’inspirer pour écrire, l’année suivante, Le Pays d’Outre-Passe
L’expédition polaire à visées scientifiques imaginée par Pilniak dans ce récit s’échoue à proximité d’une île inexplorée. L’équipage et les chercheurs se retrouvent coupés du monde… Peu d’entre eux sortiront vivants de l’épreuve au terme d’une lutte contre la Nature, eux-mêmes, la Raison et l’Instinct. De grands thèmes sont abordés ici : la science, l’art, le capitalisme et le communisme, la Russie et l’Occident, sans oublier… la Femme.
La phrase de la page 31 : " ... ".
La page 31 du livre Le Pays d'Outre-Passe, dans les éditions Paulsen pour la version française, est... vierge. Elle illustre bien l'ambiance du récit qui se déroule dans les espaces vierges de l'Artique, où la terre, le ciel et la mer se confondent dans la lumière d'une journée de six mois.
Premier prosateur de la Russie
post-révolutionnaire, avec la parution, en 1921, de L’année nue, Boris Pilniak est aussitôt
célèbre en Russie et dans le monde. Il aura le malheur, en 1926, dans le Conte de la lune non éteinte, de dénoncer par avance les dangers du stalinisme. L’oeuvre sera immédiatement saisie
etne reparaîtra en URSS qu’à la fin des années 1980. Staline ne pardonnera pas ce texte à Pilniak. En 1937, il sera arrêté, jugé un an plus tard pour «
espionnage au profit du Japon », et aussitôt exécuté. Il laisse une oeuvre d’une impressionnante modernité.
Pour le savoir, il suffit d'utiliser l'instrument de mesure suivant (trouvé sur l'observatoire des inégalités) :
http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire
et si vous n'êtes pas satisfait du résultat, j'ai une solution pour vous !
http://www.youtube.com/watch_popup?feature=player_embedded&v=7ZzcEVeP_pc
Merci qui ?
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